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Collectif
Hélianthe

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Le Care en psychologie - Pascale Molinier

21/10/2020

Le Care en psychologie - Pascale Molinier

Premier article d'une trilogie portant sur le «care». L'auteur, Rémi Izoulet, nous invite à porter un regard transdisciplinaire sur ce concept.

Pascale Molinier est professeure de Psychologie sociale à l’Université Paris 13. Pour Pascale Molinier, le « care » se traduit par une attention portée aux besoins d’autrui. Le travail du « care » est souvent caractérisé selon elle par la discrétion de son expression, son caractère invisible. Cette spécificité rendant sa théorisation difficile.
Cette invisibilité du travail du « care » le rend également difficilement évaluable. Pascale Molinier décrit le « care » comme un travail d’accompagnement au quotidien.
Dans le travail du quotidien, la présence est dissociable de l’intervention concrète. Elle vise au soutien et non à la substitution. C’est le souci de ce dont l’autre pourrait avoir éventuellement besoin qui est propre au « care ».
Pascale Molinier souligne que dans un système de santé où le fonctionnement est régi par une évaluation des coûts et des résultats à court terme, le « care » peine à être mis en valeur. 
Pascale Molinier souligne le fait que la notion « care » se conceptualise à travers le récit de ceux qui l’appliquent plus que par une observation distanciée de la relation. Une observation de cet ordre pourrait amener au constat que les professionnels du « care » n’ont pas une organisation quotidienne optimisée. En effet ce travail ne relève pas d’objectifs thérapeutiques ou réadaptatifs quantifiables et mesurables. Il pourrait donc être remis en cause par des gestionnaires externes.
Selon Pascale Molinier, le risque encouru pour l’institution est de produire un abord rationaliste du travail soignant dans la vie quotidienne. Cet abord produisant potentiellement une déshumanisation du travail d’accompagnement quotidien.
Pascale Molinier marque l’importance de l’individualisation des soins pour tendre vers une amélioration qualitative de la prise en soin. Hors l’individualisation des soins va également à l’encontre de la volonté de rentabilité et d’évaluation du travail. En effet, cette démarche d’individualisation ne vise pas à être reproductible. 
Une autre difficulté amenant à l’absence d’identification ou à l’absence de reconnaissance du travail de proximité est, selon Pascale Molinier, la discréditation portée à l’encontre des travailleurs du « care ». Ces travailleurs ayant en général un faible niveau d’études, leurs paroles et leurs démarches réflexives sont en général ignorées. De plus pour Pascale Molinier le travail du « care » souffre d’un déficit sémantique qui amène les travailleurs de proximité à parfois utiliser des termes relevant de l’idiome de la famille. Ce discours peut alors produire, dans le cadre d’une interprétation hâtive, l’impression que ces travailleurs sont trop proches, pas assez professionnels voir trop sentimentaux dans leur pratique.
Pascale Molinier défend l’idée que l’exercice du « care » peut être conceptualisé au moyen d’une vision normative de la famille. Il sollicite en effet les notions de protection des plus vulnérables, de souci des personnalités, de responsabilité rationnelle et d’adaptation à l’aspect unique de chaque individu. Pour Pascale Molinier, s’arrêter à ce défaut de conformité académique reviendrait à se priver d’un partage autour d’une expérience intense de l’exercice du « care ».
Discussion
Pascale Molinier nous met en garde sur le danger d’établir un amalgame entre un niveau de qualification objective et une potentialité réflexive. 
Pascale Molinier souligne de façon pertinente plusieurs écueils à la reconnaissance du travail du « care » mais également à sa théorisation et à sa valorisation. Elle souligne les effets délétères d’une guerre évaluative virulente qui pourrait amener les institutions vers une déshumanisation de la prise en soin des patients. Elle nous rappelle que ce travail du « care » est fondamental, inestimable et invisible.


Pour aller plus loin, nous vous recommandons l’ouvrage de Pascale Molinier « Le travail du care » aux éditions « La dispute ».

 

Rémi Izoulet

Infirmier Spécialiste Clinique.